ENFANCE:

L’art est –t-il un don ou un apprentissage ? Lorsqu'on est enfant ; on ne se pose pas ce genre de question, comme d’autres questions d’ailleurs qui échappent à notre logique de pensée puisque notre petite existence (étant encore très jeune) est basée sur le jeu, l’imitation mais aussi sur la soif du pouvoir au sein d’un groupe. Tout ça dans un contexte spontané et inné sans aucune réflexion ni approche intellectuelle au préalable. Une imitation aveugle et parfois gauche mais combien elle était pleine de plaisir car elle faisait de nous des personnes dont le statut ressemble plus ou moins aux adultes…un petit privilège qui compense nos faiblesses de quelque part et qui fait de nous une vedette temporaire vers laquelle revient ceux qui subissent leur quotidien au compte goute ordinaire. Au fait, les circonstances peuvent nous faire découvrir ce qu’on a d’inné mais en aucun cas elles ne peuvent nous doter de ce qu’on n’a pas, autrement dit je suis à l’emprise de la créativité depuis mon enfance et je n’aurais pas pu concevoir une autre manière pour vivre ma vie d’enfant. Je me souviens maintenant est-ce par amour ou par besoin…les deux sont justes du moment que l’utilité de surmonter les contraintes du quotidien m’étaient permises d’une manière agréable. Né d’une famille nombreuses ; l’avant dernier d’une famille de cinq garçon et trois fille, au juste je suis né entre deux fille ce qui fait que j’ai construit mes premières années en arrachant mon statut de garçon dans des conditions pleines de concessions par respect à la junte féminine, cette réalité familiale me met en position d’observateur …phase très importante pour construire l’artiste que je suis maintenant. J’ai toujours été un enfant observateur, cherchant des réponses au-delà de ce qui m’entoure quand je me rends compte que, ici bas, tout est relatif à ce que les autres nous offre comme image préfabriquée alors que l’observation peut être un chemin qui nous rapproche de notre vraie réalité intérieur, donc et en quelque sorte ; l’observation était pour moi une échappatoire qui compense mon impuissance devant une réalité sociale qui veut que les choses se passent telles qu’elles sont tracées par nos prédécesseurs. Déjà ,depuis mon enfance ,je me suis rangé du coté de ceux qui se défendent en silence pour l’intégrité de l’individu sachant bien , quelque part dans ma petite tête ,que la famille et la société restent les seules « maitre » des décisions. Ainsi je me fais un enfant qui vit un combat contre toute sanction arbitraire là ou régnait les interdits gratuits qui ne remplissent pas ce vide intellectuel qui rangeait ma petite tête de gamin.je me souviens encore ,comme si c'etait hier;c'etait pendant ma première année scolaire ,le maitre m'a roué de coups pendant toute la séance sans vraiment que je sache pourquoi ,j'etais là subissant mon sort comme si il fallait que ça se passait de la sorte mais quelque part cette injustice n'a pas droit d'exister et en même temps j'etais mal placé pour la rouspeter mon énérgie d'enfant alla chercher asile là ou il me serait facile de m'exprimer sans vraiment nuire à ma nature d'enfant . l'expression est née Cette situation développa en moi un garçon plein de curiosité et beaucoup de sensibilité ce qui facilite mes va et viens dans la périphérie de l’art sans vraiment en être conscient. Déjà au sein de ma famille, notre frère ainé aimait faire la peinture mais tout cela se faisait à petite goute mais assez pour me mettre sur le bon chemin mon deuxième frère qui vient après l’ainé, était plus sur le modelage et la sculpture mais jamais comme activité à plein temps.

Elève au primaire, je me rends compte que j’arrive à faire quelque chose qui me différencie de mes camardes de classe et qui ne se limitait pas aux mêmes études qui nous sont dispensées. Là je commence vraiment à prendre conscience du fait que moi je fais quelque chose en plus que les autres ne font pas aisément malgré leur âge et leur niveau scolaire cette situation prend plus d’ampleur c’est quand mes maitres m’encourageaient et me demandaient de leur faire des dessins pour décorer notre salle de classe. Au départ c’était les dessins et les peintures des autres qui m’interpelaient, après vient cette envie de faire les mêmes pour moi ou pour les autres alors que j’avais à l’époque sept ou huit an.

L’art suppose un temps et un espace ; pour ce qui est du temps, je n’allais pas dans le sens de ce qu’on attendait de moi , le temps …il ne faut pas le gaspiller dans le jeu et encore moins en dessinant ,pour un enfant ,le temps est égale aux exercices ou parfois et suivant les besoins ,pour faire les courses à la place des grands…il n’est jamais question de mettre sur la balance et les exercices et le dessin alors que dans ma tête je ne pensais qu’a travers la pratique du dessin ce qui faisait de moi une personne dérangée , dérangeante et inconsciente de sa vraie situation dans l’échiquier social ,cela est allé ,par la force des choses ,jusqu'à me créer mon propre temps ,mon propre espace et mes propres situations ,pour défendre ma nature psychologique qui est celle de répondre aux nécessaires appels intérieurs de l’art au dépend des corrections et punitions encaissées ,je restais fidèle solide et fort malgré mon petit âge ,peut être l’artiste en moi soutenait ma cause en dépit de toute autre volonté qui na jamais été mienne.je crois que déjà là naissait l’artiste a venir.

Avec mon regard d’enfant, tout était mélangé à quelque chose d’indéfinissable, les couleurs ne s’arrêtaient pas à leur valeur picturale, elles étaient toujours porteuse d’une autre vérité que je n’arrivait pas à définir et je peux dire la même chose pour les formes …comme anecdote ; il m’est arrivé de venir en courant chez mes parents pour leur dire que j’ai vu Dieu alors que toute l’histoire est que j’ai vu à travers un nuage la forme d’un corps et comme il occupait une bonne partie du ciel ,donc pour moi c’était Dieu…je ne me suis pas arrêté tout simplement au nuage .les formes et couleurs devraient répondre à certaines questions qui échappaient à mon minime savoir.

Quelque soit la position de notre entourage ,elle reste toujours bénéfique à notre évolution dans le domaine des arts sans émettre la phase prénatale qui pourrait déjà être une base ou un par terre qui pourrait donner naissance à un artiste. Le reste devient un va et vient entre l’acceptation ou le refus qui alimentent notre curiosité à réaliser notre moi personnel. Notre entourage familial devient une contrainte qui développe notre intelligence à utiliser ou à surmonter le contexte familial …dans mon cas, pour ce qui est de la phase observation, j’étais bien servi par mes frères ainés qui touchaient, chacun à sa manière, et à la peinture et à la sculpture, mais toujours comme amateurs (peintre de dimanche) et puis et surtout une maman d’origine berbère très sensible à l’art et qui m’a toujours encouragé dans ce sens… Je n’oublierai jamais qu’un jour mon père m’a dit : Tu vois ce bout de fil de fer, alors regarde comment je vais le transformer en bicyclette, aussitôt dit aussitôt fait, Pour moi c’était une ouverture, une prise de conscience comme quoi l’art est un champ magique qui peut être emprunté par les enfants et aussi par les adultes, la preuve, si mon père était fier de me montrer ce qu’il a pu faire avec un fil de fer c’est que le champ de l’art est aussi sérieux que tout ce qui gère notre existence. Vu la différence d’âge entre moi et mes frères ainés et a part mon rôle d’observateur en leur présence ,il n y avait pas entre nous un échange intellectuel qui pourrait me guider d’une manière plus didactique par contre avec mes sœurs j’avais plus de complicité à partager, je trouvais en elles un petit prolongement d’une maman soit sur le plan responsabilité que sur le plan sensibilité et maturité protectrice et ce sont là quelques ingrédients indispensables pour entreprendre des activités créatrices en plus, bien sur, d’une imagination très riche .donc on pourrait conclure que du coté familial ,le champ artistique était favorable quoi qu’il n’a pas été préparé consciemment pour moi mais indirectement j’ai pu en profiter à mon avantage malgré les contraintes.